Dans beaucoup de maisons, des mètres carrés de bois dorment sous une patine grise, des taches de rouille ou des auréoles d’humidité. Terrasses, escaliers, volets, tables de salle à manger… Souvent, ces surfaces semblent “fatiguées”, alors qu’elles pourraient encore servir longtemps. L’acide oxalique pour le bois est précisément un outil intéressant dans ces situations : il ne remplace pas un bon projet de rénovation, mais il permet de raviver le bois vieilli avant de lui offrir une nouvelle finition cohérente avec le logement.
Ce produit, aussi appelé sel d’oseille, intrigue parce qu’il est à la fois d’origine naturelle et franchement puissant. Utilisé sans méthode, il peut décevoir ou abîmer. Employé avec rigueur, il redonne une couleur plus claire, efface les taches de rouille ou de tanin, prépare un parquet ancien à recevoir une huile, une cire ou un vernis. L’enjeu n’est pas de “blanchir à tout prix”, mais de comprendre ce que l’on fait : sur quel bois, pour quel usage, avec quel degré d’intervention.
Sur un chantier de rénovation réelle, l’acide oxalique n’est jamais la seule réponse. C’est une étape possible dans une chaîne logique : diagnostic de l’état du bois, nettoyage, traitement ciblé, séchage, puis nouvelle finition adaptée aux contraintes de la pièce ou de l’extérieur. C’est exactement cette logique qu’il faut garder en tête : comprendre le matériau avant d’appliquer le produit, comparer les options, anticiper le rendu final. C’est ce qui évite les déconvenues, les surcoûts et les effets “trompe-l’œil” qui vieillissent mal.
En bref :
- L’acide oxalique pour le bois sert surtout à dégriser, blanchir et détacher les surfaces ternies (terrasses, volets, meubles, parquets).
- Il est efficace sur les taches de rouille, tanin, humidité et sur le grisonnement dû aux UV, sans attaquer la structure du bois lorsqu’il est bien dosé.
- Son utilisation impose des précautions strictes : gants, lunettes, masque, bonne ventilation, rinçage abondant et séchage complet.
- Avant d’envisager une nouvelle finition (huile, saturateur, vernis, peinture), le bois doit être propre, neutralisé et parfaitement sec.
- L’acide oxalique n’est pas adapté à tous les supports : prudence sur les bois exotiques gras, les assemblages collés sensibles à l’humidité et les surfaces encore vernies ou peintes.
Acide oxalique bois : comprendre le produit avant de l’utiliser pour raviver le bois vieilli
Avant de plonger un pinceau dans un seau d’acide oxalique, il est utile de savoir exactement ce que l’on manipule. Ce n’est ni un simple nettoyant ménager, ni un décapant universel. C’est un acide organique puissant, naturellement présent dans certaines plantes (oseille, rhubarbe, épinards), proposé pour la maison sous forme de poudre blanche cristalline à diluer dans l’eau.
Sur le bois, son rôle principal est de décomposer chimiquement certaines taches et oxydes. Il agit très bien sur la rouille provenant de vis ou de pieds de meubles, sur les marques brunâtres liées aux tanins, ainsi que sur le gris de surface causé par les UV et les intempéries. Là où un simple savon ou un nettoyeur haute pression atteignent vite leurs limites, le sel d’oseille peut éclaircir le bois en profondeur, sans ponçage agressif.
Dans un logement, ce type de traitement prend tout son sens pour les propriétaires qui cherchent à rénover avant de remplacer. Un vieux plateau de table massif taché, un parquet ancien assombri par des années de cire, une terrasse en lames de bois devenue gris souris : autant de surfaces qui paraissent condamnées, mais qui peuvent retrouver une couleur proche de l’origine grâce à un traitement réfléchi à l’acide oxalique suivi d’une protection adaptée.
Les propriétés clés de l’acide oxalique appliqué au bois
Pour décider si ce produit a sa place dans un projet de rénovation, il faut garder quelques caractéristiques en tête. Sur le plan pratique, l’acide oxalique se présente en pots de 400 g à 1 kg, pour un prix généralement compris entre 14 et 18 € les 600 g. Une fois dilué, ce conditionnement permet de traiter une surface non négligeable, ce qui en fait une solution plutôt économique, surtout comparée au remplacement complet d’un platelage ou d’un meuble.
Ses atouts principaux sur le bois sont les suivants :
- Pouvoir dégriseur et blanchissant : il éclaircit le bois gris, sans décaper mécaniquement les fibres.
- Efficacité ciblée sur les taches : rouille, tanin, encre, traces d’eau ou de nourriture incrustées.
- Action désoxydante sur les métaux : très utile sur les assemblages bois/métal, par exemple les vis de terrasse apparentes.
- Origine naturelle : ce n’est pas un “produit miracle écologique”, mais une alternative souvent moins agressive que certains décapants synthétiques.
Cette combinaison explique pourquoi on le retrouve aussi bien chez les particuliers bricoleurs que dans les ateliers de menuisiers et restaurateurs de meubles. Il offre une marge de manœuvre intéressante pour sauver des pièces que beaucoup auraient jetées.
Pour quels types de projets bois cet acide est-il pertinent ?
Imaginez un couple, Claire et Mehdi, qui vient d’acheter une maison des années 70. Dans le salon, un parquet massif en chêne, magnifique mais taché autour de l’ancienne cheminée et sombre sur les zones de passage. Sur la terrasse, des lames en bois grisées, ponctuées d’auréoles de rouille sous les vieux pieds métalliques du mobilier de jardin. Pour eux, l’acide oxalique peut être une étape utile pour ramener ces éléments à un état propre avant de choisir la bonne protection.
Dans la pratique, ce produit est pertinent pour :
- Les terrasses et platelages extérieurs en bois naturel, lorsqu’ils sont gris et tachés.
- Les volets pleins, bardages, claustras exposés depuis des années.
- Les parquets anciens qu’on souhaite éclaircir avant d’appliquer huile ou vernis.
- Les meubles massifs chinés ou hérités, marqués par le temps, l’eau ou le métal.
En revanche, il montre vite ses limites sur des supports déjà protégés (peints, vernis épais) ou sur certains bois exotiques très gras dont la composition naturelle réagit mal à ce type d’acide. C’est là qu’un test discret, dans un angle caché, reste une règle de base.
Au fond, l’acide oxalique est un outil pour “remettre les compteurs à zéro” visuellement, pas une solution décorative en soi : la vraie transformation vient toujours de la nouvelle finition choisie ensuite.

Préparer et appliquer l’acide oxalique sur bois avant une nouvelle finition
Traiter le bois avec de l’acide oxalique ne se résume pas à passer une couche au hasard. Pour un résultat propre et durable, chaque étape compte : nettoyage, dosage, application, temps d’action, puis rinçage méticuleux. C’est cette préparation soignée qui permet ensuite de poser une huile, une lasure ou un vernis dans de bonnes conditions.
Reprendre l’exemple de Claire et Mehdi aide à visualiser la démarche. Leur objectif n’est pas d’avoir un parquet blanc “comme sur les réseaux”, mais un sol sain, lumineux et cohérent avec un usage quotidien. Ils vont donc traiter pièce par pièce, plutôt que de multiplier les couches de produits aux promesses spectaculaires.
Dosage, dilution et conditions d’application
Les fabricants recommandent en général de diluer 100 à 150 g d’acide oxalique dans 1 litre d’eau tiède. Cette plage permet d’ajuster la concentration selon l’état du bois : un bois très gris et taché supportera souvent une solution un peu plus concentrée, à condition d’être bien rincé ensuite.
Quelques repères à respecter :
- Utiliser de l’eau tiède, jamais bouillante, pour éviter des réactions incontrôlées et des vapeurs irritantes.
- Verser la poudre progressivement dans l’eau, en mélangeant jusqu’à dissolution complète.
- Préparer seulement la quantité nécessaire pour la séance, la solution étant plus stable fraîchement faite.
Les conditions météo jouent aussi un rôle lorsqu’il s’agit de surfaces extérieures. Un temps sec mais pas caniculaire est idéal : ni pluie immédiate qui rincerait le produit trop tôt, ni soleil brûlant qui ferait sécher la solution avant qu’elle n’agisse vraiment. Sur une terrasse, viser une action en fin de matinée ou début d’après-midi fonctionne bien, avec suffisamment de temps ensuite pour le rinçage.
Étapes concrètes pour raviver le bois avant une nouvelle finition
Pour éviter les improvisations, il est utile de suivre une séquence claire :
- Nettoyer le bois : dépoussiérage, brossage doux, élimination des mousses ou dépôts verts. Sur une terrasse, un simple lavage à l’eau claire et brosse souple suffit souvent.
- Humidifier légèrement le support : un bois déjà un peu humide absorbe mieux la solution et limite les traces.
- Appliquer la solution : au pinceau large, à la brosse ou au balai-brosse, toujours dans le sens des fibres, sans oublier les zones tachées.
- Laisser agir : entre 20–30 minutes et jusqu’à 2 heures selon l’état du bois et les recommandations du fabricant.
- Observer : vérifier l’éclaircissement progressif, contrôler que le bois ne sèche pas trop vite.
- Rincer abondamment : à grande eau, de préférence en plusieurs passes, pour éliminer tout résidu d’acide.
- Laisser sécher complètement : souvent 24 à 48 heures selon l’épaisseur du bois et les conditions climatiques.
Ce n’est qu’une fois ces étapes bouclées que l’on peut envisager un ponçage léger si nécessaire, puis l’application de la finition définitive : huile dure pour un parquet, saturateur pour une terrasse, lasure micro-poreuse pour des volets, etc.
Comparatif des usages courants de l’acide oxalique sur bois
Pour y voir plus clair entre terrasses, meubles et parquets, un tableau aide Ă comparer les pratiques habituelles :
| Usage bois | Objectif principal | Dosage conseillé | Temps d’action moyen | Finition recommandée après traitement |
|---|---|---|---|---|
| Terrasse / platelage | Dégriser et atténuer les taches de rouille | 120–150 g / L | 30 à 60 min | Saturateur ou huile spéciale extérieur |
| Volets / bardages | Éclaircir le bois et homogénéiser la teinte | 100–130 g / L | 20 à 45 min | Lasure ou peinture micro-poreuse |
| Parquet ancien | Raviver et détacher avant nouvelle finition | 100–120 g / L | 20 à 30 min | Huile, huile-cire ou vernis adapté |
| Meuble massif | Supprimer taches tenaces (tanin, eau, rouille) | 100–120 g / L | 20 à 40 min, parfois en 2 passes | Huile, cire, vernis ou peinture selon projet |
Ce type de repère évite les excès de concentration “pour aller plus vite”, qui fragilisent inutilement le support et compliquent la suite. Sur du bois, l’urgence est rarement une bonne alliée.
Nettoyer, dégriser et détacher : ce que l’acide oxalique sait vraiment faire sur le bois
Il est tentant de voir l’acide oxalique comme une baguette magique qui efface tout. En réalité, il excelle dans certains cas précis et se montre plus discret dans d’autres. Le comprendre permet de l’utiliser là où il a du sens, dans une démarche de rénovation maison rationnelle, plutôt que dans une logique de “coup d’éclat”.
Dans les chantiers, les usages les plus fréquents concernent trois familles de problèmes : le grisonnement, les taches de rouille ou de tanin et les auréoles d’humidité sur les meubles ou parquets. Chaque type de marque réagit un peu différemment, et l’acide oxalique vient compléter, pas remplacer, le nettoyage mécanique ou le ponçage.
Dégriser et blanchir un bois extérieur terni
Le bois exposé dehors perd rapidement sa teinte d’origine. Les UV cassent les pigments, l’eau emporte les particules en surface, et le support prend cette couleur gris argent, parfois très belle mais pas toujours souhaitée. Certains propriétaires aiment ce rendu patiné, d’autres rêvent de retrouver un aspect plus clair, plus proche du bois posé à l’époque.
Sur une terrasse, un bardage ou des claustras, l’acide oxalique sert alors d’outil de dégrisement. Après brossage et nettoyage de base, une application homogène permet de réduire ce gris en quelques dizaines de minutes. L’effet n’est pas toujours uniforme à la première passe, surtout si le bois a été inégalement exposé ou protégé. Dans ces cas, une seconde application ciblée sur les zones encore sombres peut rééquilibrer le rendu.
L’intérêt majeur est de limiter les ponçages agressifs qui font perdre de l’épaisseur au bois, créent des différences de niveau et augmentent la sensibilité à l’eau. L’acide agit, lui, surtout en surface, en rompant les liaisons responsables des taches, puis en étant évacué au rinçage. L’enjeu reste de bien contrôler ce rinçage pour neutraliser la réaction.
Traiter les taches de rouille, de tanin et d’humidité
Les traces brunes qui apparaissent autour des pieds de meubles, des radiateurs ou des fixations métalliques sont souvent liées aux oxydes de fer et aux tanins. Le mélange des deux donne des marques parfois spectaculaires, que le simple savon ne touche pas. L’acide oxalique cible précisément ces liaisons chimiques et les décompose.
Sur un meuble ou un parquet, l’application est généralement localisée :
- Préparer une petite quantité de solution concentrée dans un récipient adapté.
- Imbiber un chiffon ou une éponge, bien essorés, pour éviter les coulures.
- Frotter la tache en mouvements circulaires, puis laisser agir quelques minutes.
- Rincer localement avec un chiffon humide propre, puis sécher.
Les taches anciennes demandent parfois deux ou trois interventions. L’important est de respecter des temps d’action raisonnables pour ne pas créer de halo plus clair que le reste du bois. Sur un plateau de table, certains restaurateurs préfèrent traiter ensuite toute la surface, pour harmoniser la teinte.
Préparer un bois propre avant une nouvelle finition
Une fois les taches traitées et le bois éclairci, le chantier ne s’arrête pas là . L’acide oxalique laisse toujours derrière lui un support qui a besoin d’être stabilisé avant finition. Cette étape est souvent négligée, et pourtant décisive pour la durabilité de la protection à venir.
Le parcours type ressemble Ă ceci :
- Séchage complet après rinçage, sans précipitation.
- Éventuel ponçage fin (grain 120 à 150) pour lisser les fibres relevées.
- Dépoussiérage méticuleux, idéalement à l’aspirateur, pour éliminer toute farine de bois.
- Choix d’un produit de finition cohérent : une huile pour mettre en valeur le veinage, une lasure pour protéger un bardage, un vernis costaud pour un plan de travail.
Sur le parquet de Claire et Mehdi, par exemple, un traitement à l’acide oxalique suivi d’un ponçage et d’une huile naturelle à séchage dur a permis de conserver le charme du bois ancien tout en rendant le sol plus lumineux. Ce n’est pas l’acide seul qui a “sauvé” le parquet, mais l’enchaînement maîtrisé des étapes.
La vraie valeur ajoutée de l’acide oxalique est donc de redonner une base propre, lisible et saine sur laquelle une finition moderne peut s’accrocher correctement.
Précautions, sécurité et limites : utiliser l’acide oxalique sur bois sans danger
Naturel ne veut pas dire inoffensif. L’acide oxalique illustre parfaitement cette vérité. Il est d’origine végétale, mais reste un produit chimique corrosif et toxique à forte dose. En rénovation, le sujet n’est pas seulement de “faire du propre”, mais aussi de protéger les occupants, ceux qui appliquent le produit et le logement lui-même.
Les organismes de prévention rappellent régulièrement qu’une large majorité des accidents domestiques impliquant des produits de traitement provient du non-respect des consignes de sécurité. L’objectif est donc simple : mettre en place des habitudes claires et les respecter systématiquement, même pour un “petit chantier rapide”.
Équipement et environnement de travail à respecter
La base, avant même d’ouvrir le pot de poudre, c’est l’équipement de protection individuelle. Sur un chantier amateur comme professionnel, il devrait être automatique :
- Gants étanches (type nitrile ou néoprène) pour éviter tout contact prolongé avec la peau.
- Lunettes enveloppantes pour se protéger des projections lors de la dilution ou de l’application.
- Masque filtrant si l’on manipule la poudre ou si l’espace est peu ventilé, pour ne pas inhaler les poussières ou les vapeurs.
- Vêtements couvrants, qu’on n’a pas peur de tacher.
L’environnement compte autant : travailler à l’extérieur ou dans un local bien aéré limite fortement le risque d’irritations respiratoires. Sur un meuble en intérieur, ouvrir largement les fenêtres et, si possible, créer un courant d’air permet de renouveler rapidement l’atmosphère.
Gestes à éviter et stockage du produit
Certaines erreurs reviennent souvent et se paient cher. Par exemple, mélanger l’acide oxalique avec d’autres produits “pour renforcer l’effet” est une mauvaise idée. Les réactions chimiques imprévisibles peuvent libérer des vapeurs dangereuses ou altérer le bois de façon irréversible.
Quelques réflexes simples permettent d’éviter ces situations :
- Ne jamais mélanger avec de l’eau de Javel, des détergents forts ou d’autres acides.
- Étiqueter clairement les récipients de solution préparée, pour éviter toute confusion.
- Stocker la poudre dans un endroit sec, fermé, hors de portée des enfants.
- Ne pas réutiliser les contenants alimentaires pour la préparation ou le stockage.
En cas de contact avec la peau ou les yeux, la règle est simple : rincer immédiatement et abondamment à l’eau claire, puis consulter un professionnel de santé si la gêne persiste. Sur un chantier sérieux, on prévoit toujours un point d’eau accessible à proximité.
Les limites d’usage de l’acide oxalique sur certains bois
Même bien utilisé, l’acide oxalique ne convient pas à tous les projets. Il faut savoir renoncer lorsque le support n’est pas compatible ou lorsque la pathologie du bois dépasse la simple tache de surface. Quelques cas typiques méritent d’être signalés :
- Bois exotiques très gras (teck, ipé, certains acajous) : leur composition naturelle réagit parfois mal, les huiles remontent, la teinte peut devenir irrégulière.
- Assemblages collés sensibles à l’humidité : certains collage anciens ne supportent pas les phases répétées de mouillage et de séchage.
- Surfaces vernies ou peintes non décapées : l’acide agit peu, car il n’atteint pas directement la fibre.
- Bois structurellement abîmé (pourri, vermoulu) : le traitement de surface ne remplace jamais une réparation profonde.
Sur un meuble de famille ou un objet d’art, la prudence doit être maximale. Dans le doute, un avis de restaurateur professionnel peut éviter une erreur irréversible. Dans bien des cas, un test dans un angle caché ou sous le plateau permet de confirmer ou non la compatibilité.
Utiliser l’acide oxalique avec discernement, c’est au fond accepter qu’il n’est pas fait pour tout, mais qu’il reste très précieux dans les bons contextes.
Penser la nouvelle finition après l’acide oxalique : cohérence, durabilité, esthétique
Raviver un bois vieilli n’a de sens que si la suite est claire. Une fois le support dégrisé, détaché et sec, vient la vraie décision : quelle finition pour quel usage ? Ce choix pèse sur le confort, l’entretien, la durée de vie du bois et l’esthétique générale du logement. L’acide oxalique n’est qu’un passage, parfois décisif, vers un projet de déco ou de rénovation plus large.
La question à se poser n’est pas “quelle finition est la plus tendance cette année ?”, mais plutôt “de quoi ce bois a-t-il besoin pour résister à notre quotidien et à notre climat ?”. C’est cette logique qui permet de transformer un simple chantier de nettoyage en une amélioration durable de la maison.
Choisir entre huile, saturateur, lasure, vernis ou peinture
Sur un bois ravivé, plusieurs familles de produits sont possibles. Chacune a ses avantages, ses limites et son niveau d’entretien :
- Huiles (intérieur) : valorisent le veinage, donnent un toucher chaleureux, faciles à rénover par zones, mais demandent un entretien régulier.
- Huiles ou saturateurs (extérieur) : pénètrent le bois sans créer de film épais, adaptés aux terrasses et aux bardages, rénovation simple mais fréquente.
- Lasure : forme un film protecteur micro-poreux sur les bois verticaux, bonne tenue dans le temps, entretien par rafraîchissement régulier.
- Vernis : très protecteurs sur les surfaces intérieures sollicitées (table, escalier), mais plus complexes à reprendre localement.
- Peinture : masque le veinage mais permet de corriger une teinte disparate et de s’intégrer à une déco précise.
Sur le parquet restauré de Claire et Mehdi, c’est une huile-cire naturelle qui a été choisie : suffisamment résistante pour un salon familial, mais encore réparable par zones en cas de rayures. Sur leur terrasse, un saturateur bois extérieur a pris le relais, compatible avec le climat humide de leur région et plus facile à entretenir que certains films opaques.
Anticiper l’entretien et le vieillissement de la finition
Une bonne rénovation ne s’arrête pas à la photo “après travaux”. Elle s’intéresse à la façon dont le bois va vieillir, se patiner, et au temps que les occupants sont prêts à consacrer à l’entretien. C’est là que le choix de la finition devient un vrai choix de vie domestique, pas seulement de décoration.
Quelques repères :
- Une huile demandera souvent un rafraîchissement tous les 1 à 3 ans, selon l’usage.
- Un saturateur terrasse peut nécessiter un passage annuel sur les zones très exposées au soleil et à la pluie.
- Une lasure de qualité tient plusieurs années sur des volets, mais finira par s’écailler si le bois n’est pas entretenu.
- Un vernis très filmogène protège longtemps mais demande un décapage plus lourd lorsqu’il arrive en fin de vie.
Le bois traité à l’acide oxalique, bien rincé et stabilisé, offre une meilleure accroche à ces finitions. En revanche, si des résidus d’acide restent présents, ils peuvent perturber le séchage, le durcissement ou l’adhérence des produits. D’où l’importance du rinçage abondant et du temps de séchage avant de poursuivre.
Réfléchir dès le départ à cet entretien permet de choisir une solution réaliste, adaptée au temps et au budget consacrés à la maison sur le long terme.
L’acide oxalique abĂ®me-t-il le bois Ă long terme ?
Bien dosĂ©, appliquĂ© sur un bois propre et correctement rincĂ©, l’acide oxalique n’abĂ®me pas la structure du bois. Il agit surtout sur les taches de surface et le gris liĂ© aux UV. Les problèmes apparaissent surtout en cas de surdosage, de contact prolongĂ© ou de rinçage insuffisant. Dans ces cas, des rĂ©sidus peuvent fragiliser les fibres ou perturber l’accroche des finitions. D’oĂą l’importance de respecter les recommandations de dilution, le temps d’action et un rinçage très abondant avant sĂ©chage complet.
Peut-on utiliser l’acide oxalique sur tous les types de bois ?
Non. L’acide oxalique est particulièrement adaptĂ© aux bois europĂ©ens courants (chĂŞne, pin, sapin, hĂŞtre) et Ă de nombreux bois de terrasse non traitĂ©s filmogènes. En revanche, il est moins indiquĂ© sur certains bois exotiques très gras, sur les assemblages collĂ©s sensibles Ă l’humiditĂ© ou sur les surfaces encore vernies ou peintes. Dans ces cas, il est prĂ©fĂ©rable de rĂ©aliser un test discret ou de demander un avis professionnel avant de traiter l’ensemble de la surface.
Combien de temps faut-il attendre avant de remettre une finition après traitement ?
Après un traitement Ă l’acide oxalique et un rinçage gĂ©nĂ©reux, il est conseillĂ© de laisser le bois sĂ©cher au moins 24 Ă 48 heures, parfois davantage pour les Ă©paisseurs importantes ou les zones peu ventilĂ©es. Le bois doit ĂŞtre sec au toucher et visuellement homogène. Un lĂ©ger ponçage de finition peut ensuite ĂŞtre rĂ©alisĂ© avant l’application de l’huile, du saturateur, de la lasure ou du vernis. Anticiper ce temps de sĂ©chage dans le planning Ă©vite les finitions qui sèchent mal ou accrochent mal.
Faut-il systĂ©matiquement poncer après un traitement Ă l’acide oxalique ?
Le ponçage n’est pas obligatoire, mais il est souvent utile. L’acide oxalique peut relever lĂ©gèrement les fibres du bois, surtout après le passage de l’eau. Un ponçage fin, au grain 120 ou 150, permet de lisser la surface, d’amĂ©liorer le toucher et de favoriser une rĂ©partition uniforme de la finition. Sur une terrasse, ce ponçage reste souvent lĂ©ger, surtout pour Ă©viter de trop amincir les lames. Sur un meuble ou un parquet, il contribue au rendu final plus soignĂ©.
OĂą acheter de l’acide oxalique pour le bois et sous quelle forme ?
L’acide oxalique pour bois se trouve facilement dans les magasins de bricolage, certaines quincailleries, les enseignes spĂ©cialisĂ©es en rĂ©novation et de nombreux sites de vente en ligne. Il est vendu en pots ou sachets de 400 g Ă 1 kg, sous forme de poudre ou de petits cristaux. Le prix tourne en gĂ©nĂ©ral entre 14 et 18 € pour environ 600 g. Il est important de choisir un produit clairement identifiĂ© pour usage bois et de lire la fiche technique pour connaĂ®tre les dosages et prĂ©cautions recommandĂ©s.


